102 - Nouveau Gouvernement de la Fédération de Russie du 9 mars 2004
19 Mars 2004
1. Monsieur Mikhaïl Fradkov, Premier Ministre et Chef du Gouvernement ;
2. Monsieur Alexandre Joukov, vice-premier Ministre ;
3. Monsieur Guerman Gref, Ministre du Développement économique et du Commerce ;
4. Monsieur Sergueï Choïgou, Ministre de la Protection civile, des Situations d'urgence et de la Liquidation des séquelles des cataclysmes ;
5. Monsieur Sergueï Ivanov , Ministre de la Défense ;
6. Monsieur Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires Etrangères ;
7. Monsieur Youri Tchaïka , Ministre de la Justice ;
8. Monsieur Rachid Nourgaliev, Ministre de l'Intérieur ;
9. Monsieur Mikhaïl Zourabov , Ministre de la Santé et Développement social ;
10. Monsieur Youri Troutnev, Ministre des Ressources naturelles ;
11. Monsieur Igor Lévitine , Ministre des Transports et Communications ;
12. Monsieur Alexeï Koudrine , Ministre des Finances ;
13. Monsieur Alexeï Gordeev, Agriculture et Pêche ;
14. Monsieur Alexandre Sokolov, Culture et Communications de masse ;
15. Monsieur Viktor Khristenko, Ministre de l' Industrie et Energie ;
16. Monsieur Andreï FOURSENKO, Ministre de l'Education et Science ;
17. Monsieur Dmitri KOZAK, Ministre, porte parole du Gouvernement.
Il convient de relever le départ remarqué de ce Gouvernement de Monsieur Igor Ivanov (l'ex-Ministre des Affaires Etrangères depuis 1998) qui assumera désormais les fonctions de Secrétaire du Conseil de sécurité de Russie.
Il faut également noter le départ de Monsieur Alexander ZHUKOV qui devient du coup Président de la Douma d'Etat (Chambre basse du parlement) et de la nomination au poste de représentant de la Russie à l'ONU de Monsieur de Monsieur Youri FEDOTOV (l'ex vice- Ministre des Affaires Etrangères) en remplacement de Monsieur Sergueï LAVROV nouveau Ministre des Affaires étrangères.
Biographie du Nouveau Premier Ministre
En effet Monsieur MIKAHAÏL FRADKOV est né le 1er septembre 1950 à Moscou. En 1972, il termine sa formation à l'institut d'outillage et des machines de Moscou puis est affecté à l'Ambassade URSS à NEW DELHI en qualité de Conseiller chargé des Affaires Economiques.
En 1981, Monsieur FRADKOV termine une autre formation à l'académie du Commerce Extérieur.
En 1990, il est nommé Représentant de la Russie auprès de l'Organisation des Tarifs Douaniers et Commerces (GATT) devienne aujourd'hui (OMC).
En 1992-1977, il est nommé Vice Ministre chargé des rapports économiques extérieurs.
En 1998-1999, il a été nommé Président du Conseil d'Administration de la Société « INGOSSTRAKH ».
En 1999-2000, il est nommé Ministre du Commerce.
En mai 2000, il devient 1er Vice-Secrétaire du Conseil de la Sécurité.
Mai 2001, Chef du Service Fédéral de la Police fiscale
Mars 2003, il est nommé Représentant Permanent de ma Russie près de d'union EUROPEENNE (LIE) avec rang ministériel, Poste qu'il cumule avec celui d'envoyé spécial du Président de la Russie pour les questions de Développement avec L.U.E. Il parle couramment l'anglais et l'Espagnol.
Monsieur FRADKOV est marié et père de deux (2) enfants.
Biographie de Monsieur Serguey Lavrov Viktorovitch, Nouveau Ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie
Né en 1950 à Moscou, Diplômé de l'Ecole Supérieure d'Etat des Relations Internationales de Moscou.
1972, il commence sa carrière de diplomate à l'Ambassade URSS à Colombo (SRY LANKA).
1976-1981 : Monsieur SERGUEY LAVROV VIKTOROVITCH rentre au Département Central à la Direction des Organisations Internationales du Ministère des Affaires Etrangères.
1981-1988 : Premier Secrétaire, Conseiller et Premier Conseiller à la Représentation URSS à l'ONU ;
1988-1990 : Adjoint au Chef du Département des Relations Economiques Extérieures au Ministère des Affaires Etrangères ;
1990-1992 : Directeur du Département des Organisations Internationales et des Problèmes Globaux ;
1992-1994 : Monsieur SERGUEY LAVROV VIKTOROVITCH est nommé Vice-Ministre des Affaires Etrangères ;
1994 : Ambassadeur, Représentant Permanent de la Russie à l'ONU ;
Monsieur LAVROV parle couramment l'Anglais, le Français et le Cingalais.
Il est marié père d'une (1) fille.
101 - Election du Président de la Fédération de Russie
19 Mars 2004
L'écrasante victoire de Monsieur Vladimir Poutine aux élections présidentielles du dimanche 14 mars 2004, était logique et facile à prédire. La popularité du Président sortant interdisait la possibilité d'une autre issue du scrutin. Toutefois, il convient de reconnaître que le soutien apporté au Président a été, plus important et significatif qu'au cours des élections de l'an 2000. Car, le Président POUTNE a recueilli plus de 71% des suffrages cette année, contre 53% il y a quatre ans.
Aussi, faut-il noter un fait significatif portant sur la composition sociale de cette majorité qui a changé au cours de cette présente élection. C'est la classe moyenne qui en constitue le noyau déterminant.
Cette classe sociale repartie sur l'ensemble des Républiques qui composent la Fédération de Russie a voté plus de 90% en faveur du Président POUTINE. Pour preuve, en République de Tchétchénie, l'on note que le Président POUTINE a obtenu près de 92,3% de voix sur 10 millions d'inscrits. Cette embellie n'a pas été vérifiée partout comme l'atteste le cas du District Fédéral du Centre incluant la région de Moscou, où le candidat POUTINE n'a obtenu que 64,70% des suffrages.
En effet, les observateurs rappellent qu'en 2000 les voix de la classe moyenne (très peu nombreuse à cette époque) s'étaient partagées et n'avaient pas pu, de ce fait, jouer un rôle important dans l'électorat de Poutine. A l'époque, il avait bénéficié principalement des voix d'une partie des communistes, d'électeurs âgés, des vétérans et de l'administration. Aujourd'hui, le chef de l'Etat et ses partisans ont mobilisé un groupe de soutien puissant qui s'est formé et s'est renforcé sous sa présidence.
Le fait que la classe moyenne se soit rangée principalement aux côtés du Président Poutine peut être considéré comme une grande réussite de sa politique des réformes entreprises depuis 4 ans.
En outre, à l'analyse des résultats du scrutin, force est de constater que les candidats de l'opposition Messieurs Nikolaï Kharitonov, Serguéi Glaziev et Madame Irina Khakamada - qui représentent les partis de gauche et de droite et défendent des mots d'ordre différents, principalement anti-poutiniens, ont totalisé, ensemble, environ 25% des suffrages exprimés.
Une question naturelle se pose : que deviendra cette partie considérable de la population du pays et participera-t-elle à la réalisation de la politique nationale que Poutine s'emploie à mettre en ouvre ? En effet, il est impensable qu'un quart de la population reste dans l'opposition hostile au Chef de l'Etat. Autant dire que Vladimir Poutine doit obligatoirement trouver un terrain d'entente avec cette partie de la population car, le succès des initiatives politiques intérieures que le Président proposera au pays pour les quatre ans à venir en dépendra pour une large part.
En ce qui concerne les concurrents de Poutine à cette présidentielle, il est certainement nécessaire de reconnaître que la moitié des 25% de l'électorat anti-poutine était mobilisée par le Parti communiste de la Fédération de Russie. Le scrutin montre que le KPRF reste à ce jour l'unique machine de mobilisation politique et que son succès est évident. Le candidat de la gauche, Nikolaï Kharitonov, a très vite commencé à gagner des suffrages dès qu'il a été identifié comme candidat du Parti communiste.
A l'évidence la Russie va entrer dans une période où l'opposition se mettra activement à l'ouvre et où commencera une lutte pour les électeurs qui ont préféré les adversaires de Vladimir Poutine. 25% sont un potentiel politique important qui fera l'objet d'une lutte ardente. Il est clair que le Parti Communiste protégera soigneusement son électorat, avec ses 10 à 12% des suffrages, contre toute influence étrangère s'il ne veut pas disparaître du pays politique.
Irina Khakamada qui a totalisé 4% des voix environ sans le moindre soutien des partis de droite peut considérer ce résultat comme un succès et tout porte à croire que, fort de ce resultat encourageant, elle entreprendra de bâtir son propre parti.
Serguéi Glaziev qui, talonné par Irina Khakamada, est l'un des principaux favoris dans la lutte pour les suffrages supplémentaires, s'emploiera, incontestablement, à consolider autour de lui la majorité de l'opposition.
Glaziev aussi voudrait bâtir son propre parti, sans cependant une garantie de succès car un bon résultat aux élections ne conduit pas toujours à la réussite, dans la construction d'un parti politique. La preuve, l'expérience du regretté Général Alexandre Lebed qui, après son succès sensationnel aux élections de 1996, n'a pas pu fonder de véritable parti.
Malgré les critiques et les procès d'intention qui tendent à faire croire que le Président veut instaurer un parti unique de fait, certains observateurs soupçonneraient le Président POUTINE de vouloir créer un système pluraliste sérieux pour en finir avec l'absence d'alternative, c'est-à-dire des Partis politiques nouveaux dans ce pays. D'ailleurs, pour la majorité de l'opinion publique russe, quoi qu'en pensent certains pays occidentaux, la démocratie se consolide de plus en plus et se renforce par rapport à ce qu'elle était, il y a de cela 5 ans.
En guise de conclusion l'on pourra dire que si pendant cette campagne électorale il n'y a pas de concurrence réelle, la faute en est à la grande popularité politique du président en exercice et non pas à l'absence de concurrents et d'adversaires.
En outre, il faudrait signaler que le pourcentage des électeurs qui ne se sont pas rendus aux urnes au cours de la présente consultation est estimé à plus de 3,5%( 2900000 personnes) soit le double des présidentielles de l'an 2000.
En fait, le taux de participation était la véritable inconnue de cette élection. L'idée de boycotter s'était emparée des milieux de l'Opposition, aussitôt après les élections législatives du 7 décembre 2003. Mais cette idée n'a trouvé d'écho ni au sein de certains partis ni dans l'opinion publique. Bien au contraire, plus de 60% des électeurs se sont rendus aux urnes. En Russie, le taux de participation à la présidentielle est traditionnellement supérieur à celui des législatives et régionales.